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Histoire

Sommaire historique

Peu de villes en Belgique trahissent aussi bien leur naissance et leur développement tâtonnant que la ville de Saint-Trond.  Le nom même de la ville indique son origine: Saint-Trond, la ville de Trudo, un  homme gentil et franc qui, vers 650 bâtit une petite église et un monastère « sur une éminence s’étendant vers le nord, au bord d’une large vallée où coulait un ruisseau, appelé le Cicindria ».

En quelques siècles, la petite communauté religieuse de Trudon deviendra une abbaye puissante et prospère qui jusqu’à la fin du 18ième siècle participera aux bonnes et aux mauvaises fortunes de la ville.

Assez vite, une communauté restreinte se développe autour de l’abbaye, mais il faut attendre le 11ième siècle pour voir les choses se précipiter.  Au 11ième siècle, les pèlerinages à la tombe de Saint-Trudo procurent de la richesse à l’abbaye et de la prospérité à tous ceux qui cherchent un emploi en dehors de l’agriculture.  Ecoutons le chroniqueur de l’abbaye – en quelque sens un témoin oculaire – quand il décrit la grande affluence de pèlerins : « … c’étaient des nobles et des hommes de condition libre, mais aussi des affranchis et des serfs, hommes et femmes.  Les maisons étaient bondées.  Des centaines de pèlerins devaient s’installer sous des tentes ou dans des baraques.  C’était comme si la ville était en état de siège.  Les commerçants utilisai­ent tous les moyens de transport possibles pour apporter l’approvisionnement, mais n’arrivaient pas à nourrir la grande masse de pélerins… ».

A la même période, au milieu du 11ième siècle, l’abbé Adelard bâtit la grande église abbatiale longue de 100 mètres.  De nos jours, la tour et les restes de la crypte nous donnent encore une idée de la longueur de l’église et les bâtiments abbatiaux témoignent toujours de la force spirituelle et du grand rayonnement de la fondation religieuse de Trudon.

L’abbé Adelard bâtit aussi l’église Saint-Gangulphe et reconstruit l’église Notre-Dame.  Sous son règne Saint-Trond est entouré d’un premier rempart, un mur de terre avec une palissade en bois et des portes fortifiées.  N’oublions pas que l’abbé de Saint-Trond était le cogérant de la ville à côté de l’évêque de Metz. Les docu­ments officiels de ce temps décrivent Saint-Trond comme un oppidum, une ville fortifiée.

En 1129, le premier retranchement est remplacé par un mur en pierre, le début d’un système de fortification impressionnant avec des portes et des tours.  En 1675, le roi Louis XIV ordonne de démanteler la ceinture de fortifcation et plus tard encore les derniers restes des murs seront abbatus.  Une partie des anciennes fortifications subsiste de nos jours: les locaux souterrains de la Porte de Brustem.  Le tracé des anciens remparts a été conservé et se traduit par le parc public et par les allées qui entourent le noyau de la ville.

Il faut dire que l’industrie drapière et le commerce à l’étranger ont fortement contribué à la croissance et à l’essor de la ville médiévale.  Les marchands de Saint-Trond partent pour l’Angleterre et se rendent aux foires de la Champagne et dans les grandes villes marchandes de l’Empire allemand.

A Saint-Trond même, la Grand-Place reste le centre névralgique du commerce local.  Lentement, les activités marchandes commencent à se déployer au-delà du parvis de l’abbaye, devenu trop petit.

Finalement, on construit une halle couverte au milieu de la Grand-Place, sur la ligne de démarcation entre la juridiction de l’abbé et celle du Prince-évêque de Liège (depuis 1227 le cogérant de la ville).  Au 18ième siècle, la halle et le beffroi sont réunis pour en faire un nouveau bâtiment administratif, l’hôtel de ville actuel.  Les trois tours du centre de la cité, celles de l’abbaye, de l’hôtel de ville et de l’église Notre-Dame, forment toujours l’enseigne de la ville.

Treize corporations de métier se répartissent les activités économiques et sociales de la ville. Elles se mêlent activement à la lutte des villes pour avoir part à l’administra­tion de la Principauté de Liège.

A Sint-Truiden même, elles obtiennent le pouvoir de contrôle démocratique sur l’administrati­on de la ville.  En souvenir de ces privilèges les corporations érigent au pied du beffroi un perron couronné d’un aigle doré.

Après le 15ième siècle, la ville de Saint-Trond sombre dans une période de stagnation qui durera jusqu’au 19ième siècle.  Malgré cette inertie économique, pas mal de bâtiments conventuels et d’hôtels particuliers seront embellis ou rénovés.

Après 1830, quelques nouvelles congrégations prennent possession des bâtiments conven­tuels abandonnés par la ville.  Ces congrégations feront de Saint-Trond un centre important d’enseignement et d’assistance médicale.  D’autre part, Saint-Trond a toujours été le chef-lieu d’une région agricole extrêmement fertile;  la ville marchan­de par excellence de la Hesbaye.  A partir de la fin du 19ième siècle, la culture fruitière y ajoutera son empreinte particulière.

Au début du 20ième siècle quelques nouvelles rues sont tracées et on inaugure quelques nouveaux quartiers.  A partir de ce moment-là, la modernisation de la ville s’accélérera considérablement.

Même les frontières médiévales du territoire communal seront abolies.  Ainsi se rapprochent quelques communes, chacune avec sa propre histoire.

Autrefois le jeune Trudo s’était déjà rendu à Zepperen pour y demander conseil à l’évêque Remacle.  A Brustem, les comtes de Loon avaient construit un château fort pour se défendre contre Saint-Trond.  A Duras, des bâtiments nous rappellent les comtes locaux qui aimaient se mêler aux conflits qui, de temps à autre, bouleversaient l’abbaye et la ville de Saint-Trond.

Aujourd’hui, l’ancienne ville médiévale de Saint-Trond et les 14 communes histori­ques associées forment une mosaïque magnifique au coeur de la Hesbaye fertile : une agglomération où les traditions anciennes et les activités modernes se tendent la main.

Depuis la fin du 19ème siècle, la production fruitière est devenue très importante pour la ville. Saint-Trond devint une attrayante ville de marché au centre d’une région agricole extrêmement fertile. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que nous vous accueillons dans la capitale de la Hesbaye.
(Fernand Duchateau)

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